Amazon rachète RIVR et mise sur un robot à quatre pattes pour révolutionner la livraison du dernier kilomètre
Amazon a toujours su automatiser ses entrepôts. Plus d’un million de robots y déplacent des étagères, trient des colis, optimisent les flux à une cadence que l’œil humain peine à suivre. Mais une fois le colis sorti des murs de l’entrepôt, la dépendance aux livreurs humains reste totale. C’est précisément ce maillon manquant qu’Amazon vient de tenter de combler en rachetant RIVR, une startup zurichoise spécialisée dans les robots de livraison autonomes. Les termes financiers de la transaction n’ont pas été divulgués, mais l’opération a été confirmée via un avis transmis aux prestataires de livraison tiers d’Amazon, consulté par CNBC.
RIVR, une startup construite pour ce moment précis
Fondée en 2023 et rebaptisée en janvier 2025, RIVR avait levé 22 millions de dollars lors d’une campagne de financement lancée au printemps 2025. Amazon et Jeff Bezos comptaient déjà parmi ses premiers investisseurs. Le rachat s’inscrit dans une logique de continuité plutôt que de rupture.
Ce qui distingue les robots RIVR du reste du marché, c’est leur conception hybride : le RIVR Two combine des pattes articulées et des roues. Résultat, il peut se déplacer à jusqu’à 15 km/h sur les surfaces planes soit deux fois la vitesse d’un piéton tout en étant capable de franchir des obstacles, des marches ou des portails. Il embarque un compartiment de transport pouvant accueillir plus de 27 kilos de colis, des systèmes anti-collision, des feux de signalisation pour une utilisation de nuit, et un bouton de désactivation physique.
Un cas d’usage précis : le binôme chauffeur-robot
Le scénario envisagé ne cherche pas à remplacer les livreurs, du moins dans l’immédiat. Le chauffeur se gare, le RIVR Two descend du véhicule de livraison, et les deux partent chacun dans une direction opposée pour maximiser le nombre de colis déposés par tournée. Amazon a d’ailleurs pris soin de préciser à ses partenaires prestataires que les premiers tests de terrain seront réalisés avec leur participation, sans volonté de substitution à court terme.
Ce positionnement est stratégique. Il évite les crispations syndicales et réglementaires tout en permettant à Amazon de tester la technologie dans des conditions réelles, à grande échelle.
Ce que Scout n’a pas réussi, RIVR peut-il y parvenir ?
Amazon avait déjà tenté l’aventure du robot de livraison autonome avec Scout, lancé en 2019 et abandonné en 2022 faute de réponse aux attentes du marché. La différence avec RIVR tient moins à la technologie qu’à l’approche. Là où Scout était un engin roulant conçu pour les trottoirs dégagés des banlieues américaines, le RIVR Two est pensé pour les environnements contraints : escaliers, portails, terrains irréguliers. En rachetant une solution déjà éprouvée plutôt qu’en développant en interne, Amazon économise plusieurs années de R&D et s’offre une technologie ayant déjà fait ses preuves sur le terrain.
Ce que ça signifie pour la logistique e-commerce
L’acquisition de RIVR s’inscrit dans une tendance de fond : la course à l’automatisation du dernier kilomètre, segment le plus coûteux et le plus complexe de la chaîne logistique. Pour les marques qui vendent sur Amazon, c’est une promesse de livraison encore plus rapide et plus fiable à terme. Pour les acteurs de la livraison, c’est un signal clair : Amazon continue de verticaliser sa chaîne logistique, de l’entrepôt à la porte du consommateur, et entend réduire sa dépendance aux prestataires extérieurs sur le segment où la valeur perçue est la plus forte.